Pieuvre et autres bêbêtes de la mer…
Par : Anaïs Valente
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L’histoire qui va suivre pourrait heurter les jeunes lecteurs ou les personnes sensibles, vous voilà avertis !
Je suis un chouia crue peut-être, mais du ressenti, c’est du ressenti, brut de décoffrage…

L’autre jour, j’ai accepté de rencontrer un contact avec qui je discute depuis un petit temps déjà sur internet, malgré le fait que je sois un peu malade. Soyons fous ! Le courant passe super bien par écrit, testons le visuel.
Nous avons décidé d’aller nous promener sur un marché de Noël et éventuellement manger un bout.
Après un peu de lèche-vitrine (oh comme ce mot est de circonstance, mais je ne le découvrirai que bien plus tard),
nous nous dirigeons vers un petit italien sympa (un resto italien, pas un homme, je ne me permettrais pas de draguer un homme en présence d’un autre, faut pas pousser bobonne dans les orties, surtout quand elle n’a pas de culotte).
Je dévore une lasagne pendant que Monsieur Pieuvre me dévore des yeux.
Je le trouve très tactile, et en tout cas beaucoup trop tactile à mon goût, surtout pour une première rencontre.
On dirait qu’il me considère comme « acquise » (c’est dans la poche, poupée…).

Bon, j’ai bien mangé, j’ai bien rigolé, c’est déjà tout bénéf.
A 22h, giga méga feu d’artifices.
J’adore les feux d’artifices, ils sont tous semblables (enfin quasi, sauf en de circonstances exceptionnelles ou la ville se fend d’un budget hors normes) mais pourtant j’en verrais chaque soir avec joie.
Faut croire que la Pieuvre aime aussi beaucoup les feux d’artifices, faut croire que ça aiguise son appétit sensuel, ou son romantisme, mais à un moment donné (moment X, instant T, inoubliable), il décide qu’il est temps de s’embrasser.
Et il m’embrasse (considérant que je suis acquise, il ne tente même pas de déceler dans mes yeux une tacite approbation, je suis sa proie).

Je ne peux pas vraiment me vanter d’avoir embrassé beaucoup d’hommes dans ma vie. Durant de nombreuses années, je n’ai pas compris pourquoi Julia Roberts dans Pretty Woman trouvait un baiser plus personnel qu’un rapport sexuel, alors que pour ma part je pensais le contraire.
Ce soir, j’ai compris
J’ai compris qu’on pouvait faire l’amour machinalement, comme un robot, sans rien ressentir de positif, mais rien de négatif non plus, sans investissement personnel en fait. Par contre, un baiser, c’est plus intime, elle avait raison Julia, contre toute attente. Soit on adore, on a des papillons dans le ventre, c’est chaud, c’est sensuel, c’est bon, tout simplement, soit… c’est comme ce qui suit…
Ce baiser… Ce baiser… Je ne trouve pas les mots pour le décrire, à part un : beurk !

Jamais je n’eus pu imaginer qu’un homme puisse embrasser de cette façon.
J’ai vu un épisode d’Ally Mac Beal où elle rencontrait un homme séduisant mais qui « glettait » systématiquement en mangeant sa salade. Son imagination débordante transformait cette goutte en une coulée boueuse de mayonnaise qu’elle croyait voir sur tout son visage, au point de le quitter.
J’ai vécu la même chose, excepté que c’était mon visage que je voyais et je le voyais couvert de bave et non de vinaigrette.

Un baiser froid, gluant, visqueux.
Pour encore mieux imager mon supplice, l’impression d’avoir un « débouche WC », vous savez ces ventouses à manche en bois (mais comment ça s’appelle !), collé sur l’entièreté de mon visage, dégoulinant, prêt à m’aspirer froidement. Et un baiser d’une profondeur capable de provoquer des nausées à toute femme (même les actrices de «gorges profondes» n’aurait pu assumer, croyez le ou pas !).
Aucune douceur, aucune sensualité, mais bestialité et froideur à tous les étages.
Après ce baiser qui m’a semblé interminable, mon réflexe aurait été d’essuyer brusquement mon pauvre visage avec ma manche, mais par respect je n’ai pas osé. Il a dû croire, à mon expression, que j’avais aimé, alors il a recommencé, encore et encore, et j’ignorais comment m’en dépêtrer. . .
J’étais là, comme une palourde, totalement incapable de faire la seule chose sensée : m’enfuir en courant.
Un mollusque n’a pas de jambes, c’est bien connu.

Un long moment de solitude, d’autant qu’avec les gelées nocturnes qui se profilent à l’horizon, et vu l’heure qui avançait, j’ai franchement eu peur que toute cette bave sur mon pauvre visage ne se solidifie avec le froid !
Comme je suis encore relativement malade, j’ai prétexté une fatigue subite pour rentrer chez moi le plus rapidement possible, non sans subir un canard en guise d’au revoir.
Surprise à nouveau !
Pour moi un canard est un petit smack bien sec, bien net, bien bref, mais néanmoins plaisant.
Avec la Pieuvre, ce canard s’est transformé en séance de reléchage intempestif.
Je n’avais pourtant pas l’impression qu’il avait des lèvres si extensibles, mais j’ai dû être aveuglée par la fièvre, car elles ont la capacité de couvrir tout mon visage, telle une méduse en recherche de proie.
Le lendemain, j’ai cru avoir été victime d’un cauchemar, la crève, la fièvre, les antibiotiques transformant parfois les nuits en délires permanents, mais un sms me rappelant cette superbe soirée m’attendait.

Galère !
Comment me défaire de cet homme qui, je l’avoue, indépendamment de son problème de lèvres, est grand, brun, ténébreux, mignon, sympa, marrant et galant…
Je ne parviens déjà pas à me défaire de ma bronchite, qui persiste à m’aimer, comme une moule collée à son rocher, voilà maintenant que j’hérite d’une méduse spongieuse. Help !
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quelle rigolade (pour moi, pas pour toi)… te v’la bien… en meme temps, c’est plutot le mec considérant son succès acquis que le baiser qui m’aurait fait fuir…
mdr!
comment t’aurais fait si tu avais eu un mec ? tu l’aurais mis gentiment à sa place,non? et ben fais le !comment ça il comprendra que dans la vie rien n’est acquis!
rha, merci pour les illus, elle m’ont fait mourir de rire, surtout celle avec la dégoulinade verte, tout à fait ma sensation…
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