Takashi Murakami au pays du manga

Takashi Murakami, ce nom vous dit quelque chose ? Réfléchissez bien…
Et oui, vous devez surtout connaître la collection Vuitton de cet artiste japonais

Personnellement, je ne suis pas trop fan…
Mais la galerie Emmanuel Perrotin nous présente un Murakami moins réputé : jusqu’au 17 octobre, les autoportraits de l’artiste sont exposés… Une vraie découverte pleine de couleurs !
Cette exposition, divisée sur deux espaces de la galerie, réunit dix-sept peintures, cinq sculptures et quatre films.
L’art de Murakami joue sur la dualité : japonais influencé par la culture occidentale, il allie le style manga à celui de Warhol avec talent.
Preuve en images : une partie de l’exposition est consacrée aux autoportraits de Murakami.
Il se met en scène sous les traits d’un personnage de manga, entouré de créatures fétiches :

Takashi MURAKAMI, With reverence. I lay myself before you. Kôrin, acrylique sur toile, 2009
Doté d’autodérision, Murakami ne retient de son physique que l’essentiel : queue de cheval, barbichette et grosses lunettes.
Il n’hésite pas non plus à se vieillir, dans des œuvres subversives :

Takashi MURAKAMI, Hiropon, Me, and My Lonesome Cowboy, acrylique sur toile, 2009
La légende, « Voici les marmonnements solitaires d’un vieil et gras artiste », nous rappelle tous à notre condition d’homme.
Murakami, nu et vieux au milieu, utilise son savoir au détriment de sa fertilité.
De part et d’autre, les jeunes hommes utilisent leur liquide séminal pour un jeu viril, la prise au lasso tandis que les jeunes femmes se servent du lait de l’allaitement pour jouer à la corde à sauter.
Toute une réflexion sur l’évolution de l’Homme et sa survie au fil du temps.
Et cet artiste existe aussi dans des œuvres plus psychédéliques et bariolées :


Ce triple autoportrait est représentatif de l’art de Murakami : entre la caricature et le manga, les différents visages de l’artiste se détachent sur un fond de fleurs colorées, vivantes et souriantes.
Et oui, Murakami s’interesse à l’humain, aux représentations des émotions et des différents visages. Son œuvre monumentale en est la preuve :

Les fameux personnages de Murakami sont colériques, peureux, dépités, essoufflés… Un condensé de sentiments sur une immense toile mesurant 300 par 608 cm !
Murakami est un japonais, et n’oublie pas ses origines : suivant l’art de l’estampe, il joue sur les vides et les pleins. La feuille de platine est visible par endroit, alors que le moindre espace est rempli, coloré.
Face à cette œuvre, notre œil ne sait plus où aller. Une impression de mouvement et de folie se créée, et le spectateur pénètre dans l’univers hallucinant de Murakami.
Au-delà des autoportraits, les créatures qui accompagnent Murakami se situent entre l’animal, l’extraterrestre. Son monde est peuplé de personnages inspirés de la culture manga et kawaï, qui signifie mignon.



Une œuvre a retenu mon attention :

Takashi MURAKAMI, Planet of Ecology : The Earth, acrylique et feuille d’or sur toile, 350×444cm, 2009
Ce tableau, monumental, est magnifique par les matériaux utilisés : la feuille d’or auréole cet excrément, le situant dans la lignée d’un Dieu. Œuvre provocatrice vantant le pouvoir de la Nature et de ses cycles.
Dans la deuxième partie de l’exposition, nous changeons littéralement de registre :
Murakami sort des chemins du manga pour s’aventurer vers une forme plus décorative et graphique.
Il réalise des tondos, des tableaux au format rond qui illustre l’art japonais de l’estampe :

Takashi MURAKAMI, I Recall the Time when my feet lifted off the ground, Ever so slightly-Chrysantheum, acrylique et feuille d’or sur toile, 2009
Les fleurs se découpent sur des fonds à la feuille d’or ou de platine dans une tradition japonisante. C’est à travers le choix des couleurs pop qu’il rend directement hommage à Andy Warhol.
Ce qui est assez impressionnant, c’est de considérer ces œuvres dans les petits détails. Les fleurs se transforment en taches, jets de couleurs abstraits ou seule la peinture subsiste.


A travers l’art de Murakami, chacun se retrouve :
L’enfant est attiré par ces personnages ludiques, l’adolescent aime le côté psychédélique et subversif de ses toiles, et l’adulte rêve d’accrocher dans son salon ces magnifiques tondos ressemblant à de véritables bijoux floraux.
Retrouvez l’œil de Juliette la semaine prochaine









J’ai même pas pu acheter le sac VUITTON TAKASHI à ma chérie qui en était fan…chui impardonnable !
C’est MANGA-BEAU. Bravo pour la description!
Bip
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