L’art dans la ville

Pour bien commencer la rentrée, il faut y aller en douceur… alors voilà un article sur une expo pas trop académique : la Fondation Cartier nous présente tout un parcours sur l’histoire du graffiti.
Retour en arrière : nous sommes à la fin des années 60, et des jeunes adolescents écrivent leur nom sur les murs et les bus de la ville. Belle manière de s’approprier la ville !
Et voilà, la technique du « writting » est née, et découlera ensuite celle du tag et du graff.
Petit aperçu de la scénographie de l’exposition :

Dans cette salle, dix artistes contemporains exposent leurs œuvres.
Artiste à retenir : Vitché et ses explosions de couleurs surréalistes.

Cet artiste de Sao Paulo semble s’inspirer d’Alice au pays des merveilles, avec cet univers de marionnettes et de cartes à jouer.
Son discours ? L’homme est un pantin, une marionnette manipulée par les mégalopoles, représentées sous les traits d’un dragon.

Cet as de pique, directement associé à l’architecture semble faire un pied de nez à la ville.
Quand les graffitis sont mis en scène, c’est souvent pour apporter un nouveau regard sur la ville.
Au sous-sol de l’exposition, une œuvre m’a interpellée :
Graffiti Analysis d’Evan Roth est une œuvre numérique qui met en évidence les mouvements du graffeur.

Les gestes sont enregistrés en format numérique avec un système de captation des mouvements. Nous voyons le graffiti se former sous nos yeux, prendre peu à peu forme sur le mur.
Mais les graffeurs ne s’arrêtent pas aux dessins sur les murs : toute une partie de l’exposition est consacrée aux graffs sur les métros.

SEEN, Handofdoom
Le support de cet art n’est plus le mur, mais le métro lui-même !
Format étroit et horizontal qui est une contrainte pour l’artiste. Mais ce système permet une totale appropriation de la ville : quelle bonheur pour un graffeur de voir sa signature parcourir la ville sur une œuvre toujours en mouvement !
A ce propos, le livre de Martha Cooper, photographe américaine, recense ces œuvres sur rails :

Dans Subway art, Cooper répertorie les différents styles de graffs :
Le Wild, par exemple, est un style déstructuré et foisonnant. Les lettres sont pratiquement illisibles, tendant plus vers une œuvre plastique colorée.
Sur la couverture du livre, les graffs des métros ressemblent plus à ce qu’on appelle les Blocs : les lettres sont carrées et compactes, comme la photographie du graff « KID ».
Malgré toutes ces distinctions, un seul et même mot pour qualifier cet art : nous sommes devant des Flops, forme intermédiaire entre la fresque et le tag. Les graffeurs dessinent des lettres en grand format, pourvues d’un volume.
Le but du Flop ? Véhiculer un message, promouvoir le nom d’un artiste ou tout simplement, montrer son talent typographique et artistique.
Et pour nous prouver que les graffs sont un art à part entière, l’exposition compare les graffeurs aux artistes plus réputés : il y a beaucoup de correspondances entre le style des graffittis et le style de Keith Haring par exemple.
Constatez par vous-même :

Keith Haring, Untitled, 1982, – Enamel and dayglo on metal (Email et dayglo sur métal), 182.88 x 3.28 x 228.6 cm
Haring commence par créer des pictogrammes reproduits à la craie sur les espaces de pub du métro new yorkais. Une démarche qui s’apparente à celle du graffeur.
Autre point commun : les couleurs vives et formes stylisées qui qualifient son œuvre.
Alors, qui a dit que les graffs n’étaient pas de l’art ?
Retrouvez l’œil de Juliette la semaine prochaine









Graffiti is art !!!!
Super les photos.
Trop bien cet article Juliette !
Et la photo finale
Recommencer en douceur…pour le lecteur, oui, mais pour Juliette, beau boulot !
pour avoir vu l’expo je recommande ! très interessant et cela permet deporter un tout autre regard sur l’art urbain d efaçon général mais plus précisement sur le grafiti. merci pour ce bel article
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