L’anatomie du désir

Le Viol, Magritte, 1934, Huile sur toile, 25 x 18 cm, Collection particulière, courtesy, Galerie Isy Brachot, Bruxelles-Paris
Que voyez-vous ? Et oui. Cela vous fait rougir ?
Nous sommes bien devant un torse de femme, qui se transforme d’un autre coup d’œil en visage !
Voici un exemple de ce qu’on pouvait rencontrer à la fameuse exposition du Grand Palais, Une image peut en cacher une autre.
J’ai choisi de m’arrêter sur cette œuvre de Magritte, Le Viol, de 1934.
Pourquoi ? Simplement parce que nous voyons ici un bel exemple du talent surréaliste et du fameux questionnement sur le corps et le visage de la femme, muse de tous les artistes.
Point intéressant : après Magritte qui transforme un torse en visage, l’œuvre plus récente d’Annette Messager utilise un procédé inverse.
Elle dessine un corps dans un visage, où les dents du crâne deviennent les froufrous d’une robe.

Crâne avec danseuse, Annette Messager, huile sur toile
Arrêtons-nous quelques instants sur ces deux œuvres…
La nature joue sur les formes, et l’art aussi : Qui n’a jamais reconnu un visage ou un animal en rêvant devant les nuages ?
L’intérêt de ces deux œuvres est l’ambiguïté du point de vue, un double regard offrant plusieurs interprétations possibles.

Deux tableaux, deux artistes et deux époques pour un seul et même thème : le mystère de la femme révélé dans l’image.
Face à l’œuvre de Magritte, une hésitation :
Sommes-nous devant un visage incarnant la grâce ou un corps illustrant la sensualité ?
Ces deux yeux qui nous fixent nous mettent mal à l’aise : nous sommes dans une position délicate, où la nudité est révélée sans tabou… Cette bouche souriante est le sexe de la femme, l’origine du monde et la clef du mystère féminin.
Le titre aussi nous met mal à l’aise : qui viole qui ?
Une double image pour un discours qui nous fait réfléchir : sommes-nous en train de violer l’intimité ultime d’une femme inconnue ?
Deux mots pour qualifier l’art de Magritte : sensuel et provocant…
Avec Annette Messager, la femme elle-même se met en scène :
Le crâne devient silhouette, inscrivant cette œuvre dans l’imaginaire de la métamorphose.
Le thème de la mort est associé à cette danseuse.
Effet de surprise : selon notre regard, la femme est absente et présente, propos fort pour l’artiste qui s’intéresse au statut de la femme et à l’imaginaire du fantasme.
Et comme dirait Ben, l’artiste connu de tous les français…
… De quoi nous faire réfléchir !
Retrouvez l’oeil de Juliette la semaine prochaine









En 1934, Magritte est imprégné des thématiques surréalistes comprenant entre autres le désir, la violence (Naissance du désir, 1931). Ce tableau en est la manifestation. Dali, peintre surréaliste par excellence, va encore plus loin ! Il propose lui-aussi des tableaux à sens multiple !
tres beau merci
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